“Premièrement l’amour, ensuite la technique.”

Il y a quelques semaines, pour la consécration de la Sagrada Família par le pape, des drones ont écrit cette phrase dans le ciel. C’est une phrase d’Antoni Gaudí, l’architecte qui a conçu cette folle cathédrale de Barcelone.

Et ça m’a vraiment parlé !

Il a tellement raison, parce que tu peux avoir la meilleure technique du monde, connaître tous les exercices, avoir le matériel parfait, maîtriser le timing, l’énergie, la gestuelle… Si la relation n’est pas là, c’est comme construire une cathédrale sans fondations, ça impressionne de loin, ça brille, ça a l’air solide. Et puis un jour le cheval dit non, il part dans tous les sens ou il se ferme complètement et là on réalise qu’on avait construit en oubliant la part la plus importante !

L’amour est la base de tout.

Le tien, celui que tu ressens pour ton cheval au fond de ton cœur, mais aussi celui que tu devrais lui exprimer dans chaque mouvement, dans chaque demande. Dire que tu l’aimes, c’est une chose, le lui montrer, même quand ça ne va pas, surtout quand ça ne va pas, ça change tout ! Les jolies paroles ne remplaceront pas ce que ton cheval peut percevoir : ton empathie, ta patience et tes gestes d’affection.

La technique sans l’amour, c’est de l’exécution. L’amour c’est ce que ton cheval te demande avant toute chose. Il veut être vu par toi, pas corrigé, pas dirigé, vu et compris.

Et toi, tu mets de l’amour dans tes séances ? Quelqu’un qui te regarde sait que tu aimes ce cheval ? Ou tu te contentes d’en parler ?

Tu veux le savoir vraiment, filme-toi et regarde avec un œil neutre et extérieur.

Il y a des tas de raisons pour lesquelles on peut perdre l’amour dans nos actions avec les chevaux : le besoin de réussite, la pression de faire ce qu’on nous dit ou ce qu’on nous a appris, l’avis des autres, la peur de mal faire, la peur de ce que peut faire le cheval, et il y en a beaucoup beaucoup d’autres.

Alors si tu n’arrives pas à mettre autant d’amour que tu le voudrais, s’il y a un décalage entre ce que tu ressens pour ce cheval et ce que tu fais dans la réalité, ça vaut vraiment le coup de prendre le temps qu’il faut pour y penser. Y réfléchir, mais vraiment, pas comme une vague tache de fond mais consciemment et objectivement. Qu’est-ce qui te bloque et t’empêche d’être toi-même ? Qu’est-ce qui fait que tu oublies l’amour pour te noyer dans la technique alors que tu en as tellement pour ce cheval-là ?

Écris ça tranquillement avec un papier et un stylo, ou écris-moi, je t’écoute.

Valérie