Il n’y a pas d’urgence, nous y arriverons un jour.

Il n’y a pas d’urgence, nous y arriverons un jour.

Souvent, quand je montre quelque chose d’avancé avec mes chevaux, on me pose la même question :

« Et tu es arrivée à ça en combien de temps ? »
Ça c’est vraiment LA question à laquelle je NE PEUX PAS répondre !
 

Je ne peux pas parce que je n’ai aucune idée de la réponse, mais aussi parce que la réponse n’aurait aucun sens pour la personne à qui je la donne. Le temps est une notion totalement subjective.

Il peut paraître long ou court, qu’on le ressente sur son parcours ou qu’on donne un nombre de jours ou d’heures à la personne qui demande.
Par exemple, le simple fait mettre un licol correctement peut prendre 3 jours à raison de 3 séances par jour pour Aslan quand il est arrivé, intouchable, refusant tout contact physique. Selon votre propre parcours cela peut vous paraitre très long ou très court ! C’est juste une question de ressenti.
Mais aussi avec une autre personne plus expérimentée que moi, cela aurait pu être beaucoup plus court et pour une autre, plus débutante, cela aurait peut être pris des semaines ou des mois.
Avec un autre cheval moins sauvage bénéficiant d’expériences positives avec les humains cela m’aurait peut être pris 2 ou 3 mn et avec un cheval, ayant plus d’expériences négatives avec les humains, cela aurait m’aurait sûrement pris des semaines..
La durée d’un apprentissage est donc totalement variable, aussi bien dans le ressenti que dans sa durée effective en fonction de la compétence de l’humain et du vécu du cheval.

Pour toutes ces raisons, il est inutile de comparer la vitesse de votre progression, qu’elle soit plus ou moins rapide que celle des couples qui évoluent autour de vous ou à travers ce fameux filtre des médias sociaux !

Plus vous vous mettrez la pression en vous disant que vous vous allez aller vite, moins vous progresserez.

 Je sais ce n’est pas toujours facile et j’avoue que le premier hiver après le débourrage d’Aslan, j’ai bien senti ce sentiment étrange de ne pas avancer.

Car en approfondissant nos bases,je me suis rendue compte qu’Aslan avait un énorme souci de confiance au niveau de ses postérieurs et de toute l’arrière main ! Une grosse cicatrice est encore présente sur son postérieur droit attestant de ce jour où, poulain, son postérieur est resté coincé dans des barbelés…

 Alors je ne suis pas passée outre, j’ai fait des dizaines de séances sur base de jeu de l’amitié sous des tas de formes, en essayant de garder un coté ludique, mais en allant toujours plus loin pour l’aider à reprendre confiance dans son corps, dans l’environnement et tout ce qui pouvait toucher son ventre et ses postérieurs.
Pendant ce temps, mes amies qui avaient des poulains du même âge progressaient à cheval vers des choses que nous étions très loin d’avoir. Mais j’ai fermé mes yeux et mes oreilles et j’ai continué ma route pour enlever ce grain de sable de la machine dans la tête de mon cheval.
Au printemps, j’ai commencé à le remonter et à avancer à nouveau sur la finalisation du débourrage.

Et puis il y a eu ce soir d’avril, ce soir où on jouait à cheval sur une figure comportant beaucoup de cônes. Et là en reculant, il a marché sur un gros cône avec son postérieur droit, surpris, il a fait un pas à gauche et marché sur un autre cône avec le postérieur gauche et là j’ai attendu l’explosion ! Une de ces explosions verticales qu’il me faisait au début de l’hiver, une de celles qui amenaient ses 4 pieds en même temps à la hauteur de mes épaules quand j’étais au sol… mais rien ne s’est passé, pas d’explosion. Il a juste tourné la tête pour voir ce qui était sous son postérieur gauche tranquillement tête en bas … et là j’ai su !
J’ai su pourquoi j’avais passé un hiver à l’envoyer dans des blocs en plastique, dans des bâches, pourquoi je lui avais demandé d’enjamber tellement de bidons et pourquoi j’étais restée au sol si longtemps … j’avais fait tout ça « juste » pour survivre ce soir d’avril ! « Juste » pour que, ce soir là, mon jeune cheval vive une expérience positive et passe une bonne séance. « Juste » pour que je rentre chez moi, ce soir là, pleine de joie et de bonheur au lieu de rentrer meurtrie et déçue. « 

 Si j’y repense aujourd’hui, c’est qu’hier, après des mois sans rien faire, Aslan est entré les 4 pieds dans la water box  à la troisième demande et il ne lui a pas fallut plus de deux passages supplémentaires pour y passer totalement tranquillement même avec les postérieurs ! Une fois des bases fortes construites, tout est plus facile même longtemps après, même en liberté…

Alors peu importe le temps qu’on y passe, si un cheval a besoin de temps pour construire sa confiance et sa bonne volonté. Peu importe le temps qu’on y passe si une cavalière a besoin de temps pour construire sa confiance et son leadership. Tout ce qui compte c’est d’avancer sur son propre chemin vers ce qu’on veut faire.
Si nous faisons les bons choix, pour nos chevaux, pour nous, il n’y a pas d’urgence, nous y arriverons un jour !

Le licol avec coopération

Le licol avec coopération

Je vous propose une petite série de textes, photos et de vidéos montrant comment on peut faire accepter un licol à un poulain (ou à un cheval adulte) en toute complicité.

Prendre du temps et faire preuve de savoir faire pour que le jeune cheval apprenne à participer activement au fait de venir vers vous et d’enfiler le licol est ESSENTIEL car toute sa vie ce geste sera répété des centaines et des milliers de fois, si ça se passe bien, ce sera des dizaines d’heures gagnées au total sur la durée de sa vie. Du plaisir en plus et de la frustration et de l’énervement en moins pour vous comme pour lui !

Un cheval qui vient vers vous et qui baisse la tête pour mettre le licol c’est une séance qui commence dans le bonheur ! 

D’abord quelques explications : Asha, timide pouliche marwari d’un peu plus d’un an, avait beaucoup de mal à accepter qu’on l’approche avec un objet dans les mains, il était devenu impossible de lui mettre un licol.

Mon but n’est pas seulement de lui mettre un licol, mon but est qu’Asha m’accepte, accepte le contact, accepte le licol, cède à la pression de mes mains et du licol et qu’elle marche avec moi en longe facilement. Pour moi tout cela fait partie de la même chose, ces apprentissages de base, si souvent négligés et qui vont poser des problèmes parleur absence tout au long de la vie du cheval.

Voici donc comment j’ai construit ces bases avec Asha.

Au départ, le but est juste qu’elle m’accepte moi même avec quelque chose dans les mains.

Je choisis la stratégie qui consiste à la suivre partout où elle va dans le paddock sans la quitter des yeux, et sans la laisser s’arrêter si elle ne me regarde pas, cela se passe (hors quelques démarrages de sa part) entièrement au pas. Dès qu’elle me regarde, j’arrête de la suivre, je la laisse s’arrêter, je ne la regarde plus et me mets sur OFF.

Après plusieurs secondes de pause, je m’approche d’un pas, si elle fuit je recommence à la suivre, si elle reste je ne fais pas plus d’un pas ou deux, je m’arrête et de nouveau je ne la regarde plus en mode OFF.

Je continue ainsi toute la séance en étant toujours calme et tranquille même quand elle démarre au galop, je marche.

A la fin de cette séance, elle ne me quitte plus des yeux et me laisse m’approcher d’elle à moins d’un mètre. Je choisis de ne pas la toucher DU TOUT à ce moment là et on finit cette première séance sur ça avec une pouliche connectée qui commence à me suivre sans que j’ai rien à faire.

DEUXIÈME SÉANCE : 

Le but est qu’elle accepte le contact de mes mains et du licol et qu’elle me suive facilement en liberté.

Dès le premier contact Asha est intéressée par ma présence, il n’a pas fallut plus quelques pas toujours avec la même technique (je la suis si elle part, je me détourne si elle me regarde) pour qu’elle me suive partout ! Comme à la première séance je travaille en ayant toujours le licol à la main.

Je ne suis pas contre le fait d’utiliser un renforcement avec des récompenses, mais après quelques essais, je me rends compte que je ne peux pas l’utiliser à ce stade avec Asha qui a pris l’habitude de prendre la nourriture puis de s’enfuir au galop. Plutôt que de lutter contre cette habitude ancrée, j’ai choisi de ne pas récompenser avec de la nourriture mais d’utiliser les caresses.

Au départ, elle reste méfiante quand je la touche, je prends donc garde à rester trèèèèèès calme avec très peu d’énergie, de faire mes mains douces et lentes et elle se détend vite.

Je fais attention de ne jamais me mettre devant elle, mais de rester toujours sur le coté, pour deux raisons : 

1 – Pour ma propre sécurité ! Asha n’est pas encore en confiance et elle est susceptible de démarrer violemment à tout moment.

2 – Pour ne pas la bloquer physiquement. En effet, je veux qu’elle reste avec moi par sa propre volonté et non parce que je l’empêche d’aller ailleurs.

En quelques dizaines de minutes, elle me suit partout. A chaque arrêt, je l’invite à approcher sa tête de moi et je la caresse très lentement en insistant sur le chanfrein, au départ avec ma main libre, puis dès que je la sens détendue, avec la main qui tient le licol. Jusqu’à ce qu’elle n’ai plus d’hésitation et qu’elle se sente en confiance pendant que je la caresse avec le licol pliée dans ma main.

A la fin de cette séance, elle démarre à chaque départ avec moi, elle ne laisse plus la distance entre elle et moi grandir et dès l’arrêt c’est elle qui met sa tête dans mes mains pour les caresses. Je m’arrête là, elle est prête à enfiler le licol à la prochaine séance.

TROISIÈME SÉANCE : 

Le but est qu’elle accepte le licol dans ses deux points : mettre la muserolle et mettre la têtière.

Asha vient à moi directement quand j’arrive. On marche un peu ensemble avec beaucoup de câlins sur la tête et l’encolure avec les mains et avec le licol roulé en boule, que je laisse se dérouler petit à petit. Caresser l’encolure l’amène à lever la tête mais pas à fuir. On commencera donc par le passage de la muserolle puisque la têtière ne posera pas de souci.

Pour ça, je l’invite à mettre la tête dans mes mains pour avoir des caresses, on licol est dans ma main, au bout de quelques répétitions elle n’y fait plus attention et je peux passer au stade suivant, juste caresser le chanfrein avec la muserolle du licol, puis enfiler la muserolle sur le bout du nez qui continue à lui caresser le chanfrein.

En quelques répétitions, elle vient d’elle même mettre le nez dans la muserolle. A partir de là , je mets tranquillement les montants le long de sa tête en attendant pour les retirer qu’elle cède à la pression de mes doigts. On travaille donc en même temps l’enfilage du licol et le début de la cession à la pression.

Mettre un licol devient un plaisir pour elle ! Et c’était juste mon but ! 😀

A SUIVRE …

On continue avec une désensibilisation du haut de l’encolure je la caresse tranquillement, quand elle est plus tranquille avec ça, je commence à mettre un peu de pression du bout des doigts sur la nuque, je mets et j’enlève la têtière du licol sans essayer de mettre la muserolle. Je travaille vraiment séparément sur cet autre aspect du licol.

Une fois que je la sens à l’aise avec ça .. on y va !

A SUIVRE …

Prête pour la mise complète du licol !

La technique utilisée ici : humain à l’épaule du cheval, passage de la têtière autour de l’encolure en premier puis cheval qui donne le bout du nez pour l’enfilage de la muserolle, est la technique la plus sécuritaire et la plus partenaire pour mettre un licol à un cheval.

Apprendre à céder à la pression du licol.

Pour apprendre à céder à la pression du licol, rien ne sert de tirer ou de se battre. Il suffit de commencer très légèrement puis de conserver la pression dans le licol jusqu’à ce que le cheval cède et à se moment de tout lâcher. Il s’agit de la notion de confort/inconfort le cheval apprend ainsi à trouver son confort de lui même en cédant à la moindre pression.

Et voilà Asha est un poulain prêt !

Elle est ok pour enfiler le licol, pour suivre en cédant gentiment à la pression elle a eu le temps de réfléchir d’intégrer et d’apprendre tout ça en y réfléchissant vraiment et en acceptant chaque étape.

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