La connexion en question

La connexion en question

Tout le monde voudrait un cheval à l’écoute, qui fait tout son possible pour comprendre, qui prend en compte son cavalier en premier, avant même l’environnement. Tout le monde voudrait voir son cheval lié à soi par ce lien invisible, cette connexion comme une wifi, facile et fluide.

Seulement voilà, dans la vraie vie, la plupart des chevaux sont plus intéressés par l’herbe, les autres chevaux, le tracteur au loin, ou même rien, que par leur compagnon à deux pattes ! Et c’est vraiment pas drôle de constater que cette démangeaison, cette mouche ou ce brin d’herbe sont plus intéressants et attractifs que nous !

Alors on peut se contenter de constater, de se fâcher, de s’agacer ou d’être juste désespéré par cet état des lieux peu reluisant… ou on peut commencer à se poser les bonnes questions :

Pourquoi est-ce que je n’existe pas aux yeux de mon cheval ?

Pourquoi est-ce que quand il est en troupeau il est si léger et à l’écoute des autres ? Alors que quand il est avec moi.. ?

Revenons un peu à ce qui se passe pour nos chevaux dans leur vie de tous les jours entre eux.
Les chevaux sont des animaux sociaux, ils sont faits pour vivre en groupe et plus leur groupe est nombreux avec des individus en bonne santé, plus il est fort. Contrairement à certaines idées reçues, les chevaux sont donc programmés pour ne pas blesser les autres membres de leur groupe et pour vivre en paix.

Quand un groupe se met en place il s’établit une hiérarchie entre les individus et chacun sait qui est au-dessus et au-dessous de lui dans la troupe. Les individus situés au-dessus ne disent jamais à ceux situés en-dessous quoi faire, mais ils sont très clairs sur ce qu’ils ne peuvent pas ou ne doivent pas faire : ne reste pas ici, ne t’approche pas de cet endroit, ne t’approche pas de ce cheval… Ils sont très clairs parce qu’ils sont très efficaces.

Voyons comment un cheval d’un rang supérieur fait bouger un cheval d’un rang inférieur. D’abord, il va se “grandir”, le regarder droit dans les yeux pour manifester son mécontentement et si ça ne suffit pas, il va coucher les oreilles, jeter le nez, fouailler de la queue ou taper du pied et lui foncer dessus pour le toucher fermement avec la bouche ou les pieds. C’est clair et c’est sans appel  : le cheval inférieur SAIT que ce sera le cas, parce que c’est tous les jours comme ça, plusieurs fois par jour !

Combien de temps entre ce premier regard et les dents ou les pieds ? TRÈS peu de temps n’est ce pas ? 3 secondes ou 4 au grand maximum.

Voyons donc maintenant ce qui se passe quand un humain veut faire bouger un cheval.

Soit s’il n’a pas une grande affection pour son cheval, ou on ne lui rien appris d’autre et il va lever une chambrière ou un stick et frapper son cheval dans la foulée…. les “formules de politesse” équines : regard, oreilles, queue ou pied qui frappe le sol sont absentes. Cela fabrique des chevaux qui fuient et ont peur des outils qu’on ne peut pas bouger sans qu’ils en aient peur… trop loin de leur mode de communication, ils ne peuvent pas comprendre et obéissent juste par peur.

Soit il a beaucoup d’amour pour ce cheval et là tout est différent, car lui bien sûr ne VEUT PAS toucher son cheval. Alors il est poli, très poli… Il regarde son cheval, il appelle le cheval qui est en train de regarder ailleurs ou de brouter. Il agite la longe pour “capter son attention”, il lui lève la tête de l’herbe. Puis  il tend le bras en regardant son cheval et se demande ce qu’il en pense, puis il se met à agiter son stick pour faire signe au cheval de partir. Le cheval de son coté… vit sa vie, il broute, il regarde les copains au loin, il chasse les mouches, il baille, bref il s’ennuie ! Alors l’humain agite encore son stick ou sa chambrière, il tire un peu sur la longe, se dit qu’il est nul, se demande s’il s’y prend bien, abandonne puis change d’avis et tend la longe et agite le stick à nouveau… le cheval a replongé la tête dans l’herbe ou regarde à nouveau ailleurs alors tout recommence… jusqu’à quand ?

  • soit jusqu’à ce que le cheval bouge un peu dans la direction voulue sans grande conviction.
  • soit jusqu’à ce que l’humain s’impatiente et ne bascule tout à coup du coté obscur en touchant fort le cheval de frustration et de colère. Le cheval va alors bondir et prendre peur, amenant l’humain à s’en vouloir. Il se jure alors qu’il ne le touchera plus !

Combien de temps entre la première intention de mouvement et le moment où l’humain est susceptible de toucher le cheval ? La plupart du temps un nombre aléatoire au-dessus de plusieurs dizaines de secondes ! Impossible à compter, impossible à prévoir !

En fait, le cheval ne sait jamais ce qui va se passer, la seule chose qu’il a apprise c’est qu’il a le temps. Sa décision (bouger ou pas) est remise à plus tard.
Pourquoi regarderait-il l’humain ? Pourquoi lui prêterait-il attention ? Il sait de façon certaine que si son humain a quelque chose à lui demander… il va le prévenir, il l’appellera ou secouera la longe ! Alors il regarde ailleurs pas la peine d’être attentif ou vigilant quand on vous prévient avant qu’il se passe quoi que ce soit…
Pourquoi bougerait-il maintenant alors que rien ne l’y oblige ? Si je te dis, “Fais moi un petit résumé de cet article pour la semaine prochaine” Quand le feras tu ? … C’est pareil pour ton cheval, c’est pareil pour tous les êtres vivants quand rien n’est urgent on diffère notre action !

Alors qu’est-ce qu’on peut faire pour que le cheval soit plus attentif sans être peureux ?

AGIR COMME UN CHEVAL !

Être poli en prévenant le cheval mais lui donner toujours le même délai pour répondre, un délai court inférieur à quelques secondes durant lequel je vais enchainer mes phases de manière fluide et sans arrêt “pour voir”. Je vais monter mon énergie, le regarder, lui donner une indication polie et posée avec ma main qui tient la longe et enchainer lever le stick, le bouger et toucher le cheval. Il n’a pas vu arriver le stick parce qu’il broutait ou regardait ailleurs ? Dommage ! La prochaine fois il gardera les yeux sur moi.
Il a bougé, je le félicite et le laisse réfléchir et je recommence. La seule chose qui stoppera mon enchainement bien prêt dans ma tête (énergie, regard, main, stick, toucher) c’est le fait que mon cheval bouge … OU … qu’il réfléchisse à ce que je lui demande, qu’il se prépare à le faire, qu’il se connecte ! Là je vais lui donner un laps de temps supplémentaire pour le laisser réfléchir.

Le fait d’avoir un délai fixe (le fameux 1 – 2 – 3 qu’on utilise avec les enfants) permet aussi au cheval de ne plus être surpris au moment où on le touche, nous devenons ainsi justes et fiables à ses yeux.

Le 3ème bénéfice est qu’en n’attendant pas, en touchant le cheval parce que “c’est l’jeu ma pauv’Lucette” et non parce qu’on est excédé par son manque de coopération, on n’est plus jamais frustré ou agacé. On peut alors jouer en touchant le cheval en disant un “perdu” qui aide à garder la mauvaise humeur à distance et qui aide à rendre tout ça plus léger. Au passage, si on touche son cheval, sans frustration et sans colère, on ne risque pas de toucher plus fort que prévu contrairement à ce qui se passe quand on est agacé.

En fait, je vais juste reproduire une situation que mon cheval vit plusieurs dizaines de fois par jour dans son troupeau, qu’il ait un statut hiérarchique haut ou bas dans son troupeau n’importe pas. Si je veux sa coopération, je dois avoir un statut hiérarchique au-dessus du sien… ou renoncer à lui demander quoi que ce soit.

C’est seulement en se comportant comme un cheval qu’on peut obtenir la connexion, puis la compréhension, puis la coopération des chevaux !

 

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Alors tu aimeras aussi mes livres “Juste avec mon cheval” pour réfléchir et devenir l’humaine que les chevaux ont envie de cotoyer !

Regarder, écouter, sentir…. les clés de la réussite !

Regarder, écouter, sentir…. les clés de la réussite !

Dès qu’un humain est avec un cheval… il émet sans même sans rendre compte tout un tas de signaux. Ces signaux sont importants pour le cheval qui communique quasi uniquement grâce au langage corporel. Il est un expert dans ce domaine.
La façon de marcher vers le cheval, l’endroit où l’humain regarde, les pensées qui influent sur sa trajectoire ou son attitude corporelle, tout cela est analysé sans aucun effort, de façon tout à fait automatique et naturelle par le cheval. L’humain est un véritable émetteur d’informations pour le cheval à pied et en selle… le corps dit beaucoup plus qu’on ne croit, beaucoup plus que les autres humains ne voient …

Mais comme peu d’humains en ont conscience, ils ajoutent des gestes, des codes, des signaux qu’ils pensent être compréhensibles pour le cheval. Le plus souvent ils les sur-jouent beaucoup : les bras sont comme des ailes de moulin, les sticks s’agitent vite et fort, les longes s’envolent, les rênes se tendent, les jambes gigotent … encore une bonne dose d’informations pour le cheval… trop ? Sans doute !

L’humain est un émetteur réglé au maximum de sa puissance.

Pour autant il n’est souvent pas très efficace car le cheval est noyé dans un océan d’informations souvent contradictoires.

L’humain attend de la part du cheval des réponses tout aussi grossières que les demandes qu’il lui a faites: se laisser toucher ou pas, tourner ou pas, partir sur un cercle ou pas, reculer ou pas ..

Le récepteur chez les humains est plutôt défectueux …

Car les humains n’ont que peu conscience de tout ce que dit le cheval grâce à son langage corporel si riche et complexe. Un humain qui regarde un cheval c’est l’équivalent de quelqu’un qui ne lit que les gros titres d’un journal sans jamais lire la moindre ligne d’un article.

Si on prend la peine de s’y pencher, notre cheval nous donne des réponses pleines de nuances … Encore faut-il avoir la volonté et, parfois, le courage de les lire, car ce qu’il a à nous dire ne fera pas toujours plaisir à notre ego. Mais si on fait le choix de vouloir pleinement communiquer avec son cheval, il va falloir l’accepter.

Accepter de voir ce léger mouvement vers l’arrière quand on tend la main pour le caresser, non il ne s’enfuit pas, mais non il n’a pas envie qu’on le touche. Accepter de sentir la résistance dans sa nuque quand on a bougé la rêne, même s’il a tourné. Accepter de l’entendre soupirer d’ennui quand on demande ce départ sur un cercle. Accepter de voir ce pas en avant juste avant qu’il accepte de reculer…

Les humains sont contents, le cheval a fait, le gros titre est conforme à ce qu’on attendait mais dans le texte de l’article il y a ces petits riens qui pourtant changent tout :  “je n’ai pas vraiment envie que tu me touches”, “je ne suis pas d’accord pour aller là avec toi”, “je fais mais je m’ennuie, si je pouvais être ailleurs”, ” je recule mais je te pousse en arrière d’abord, ne te prends pas pour ce que tu n’es pas”…

Si on veut progresser vraiment dans la communication et la compréhension, il faut se mettre à regarder, écouter et sentir son cheval. Il faut communiquer avec lui avec moins de hurlements corporels. Il faut devenir un excellent émetteur qui n’a pas besoin d’être à fond pour avoir un son clair, et un excellent récepteur qui entend même les petites nuances de cette jolie musique que le cheval produit.

Les humains sont toujours prêts à hurler plus fort mais pas à écouter vraiment.

Cela demande un vrai effort d’être attentif à l’autre, d’autant plus si c’est un cheval. A chaque moment ensemble notre cheval nous donne, en direct et sans filtre, son ressenti sur ce que nous faisons, sur la façon dont il nous perçoit. Si on se met à prendre ce retour en compte, on pourra ajuster nos actions avec une grande justesse. Le cheval enfin compris aura plus envie d’être avec nous et d’essayer de comprendre ce que nous sommes en train de faire ensemble, il deviendra plus souple, plus léger.

Pour autant se mettre à PERCEVOIR ce que le cheval nous dit ne vient pas si facilement et pour progresser. Il  peut être extrêmement intéressant de regarder des chevaux communiquer avec des humains, d’observer en détail, l’attitude du cheval, son opinion sur ce qui se déroule : stressé ou pas, heureux ou pas, d’accord ou pas, indépendamment du fait qu’il FASSE ce qu’on lui demander. L’opinion du cheval et le fait qu’il exécute des ordres sont des choses différentes. Un cheval peut faire sans en avoir envie ou ne pas faire en étant parfaitement bien dans ses baskets … on s’en rend vite compte si on se met à le regarder, à l’écouter et à le sentir vraiment au lieu de ne voir qu’un exercice raté ou réussi !

Valérie

 

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Choisir de voir le positif !

Choisir de voir le positif !

Dans tout ce que nous faisons avec nos chevaux, il y a du bon et moins bon. C’est normal … c’est la vie. Dans ce que font nos chevaux, en réponse à ce que nous demandons, il y a aussi du bon et du moins bon… C’est normal aussi !

Mais, souvent, on a tendance à se focaliser sur le mauvais, à ne voir dans notre séance que ce qui n’a pas fonctionné, que ce que le cheval a refusé de faire ou mal fait … qu’on lui ait mal demandé ou qu’il en ait décidé ainsi … et ça n’arrange pas les choses, c’est le moins qu’on puisse dire !
 
Parce que même dans les séances “pourries”, ces séances ou rien ne va et où on sent la moutarde nous monter au nez, est ce que ça vaut vraiment le coup de continuer à regarder la vase au fond de la mare ? Et, mieux, est-ce que ça vaut vraiment le coup de bien la remuer ? Ou bien est ce qu’il ne vaudrait pas mieux arrêter de tout secouer, de tout gâcher et prendre 5 mn pour prendre en compte ce que le cheval a déjà donné au cours de cette séance, le remercier pour ça… et recommencer de façon plus calme.
 
Parce qu’en fait, si on y regarde de plus près, il s’est passé des tas de choses positives ! Il a accepté d’enfiler le licol et de partir avec nous en laissant sa famille derrière lui. Il a bien voulu nous suivre jusqu’à la carrière ou au rond de longe alors que peut-être ce n’est pas encore un endroit très fun pour lui. Il a bien voulu laisser la longe dans notre main sans l’arracher ou il a bien voulu qu’on monte sur son dos sans nous désarçonner. Il a bien voulu démarrer et peut être même un peu mieux que d’habitude… mais comme l’exercice suivant n’a pas fonctionné… alors on oublie tout ce positif et cette joie qu’on devrait avoir à ce que cet animal là ait déjà accepté de communiquer avec nous.
 
Dans chaque séance catastrophique il y a du bon, si on fait le choix de le voir !
Ne pas se focaliser que sur le mauvais, voir les cotés positifs, c’est comme une bouffée d’oxygène qui nous arrive et qui apaise tout !
 
CHOISIR de voir le positif, ça change la relation avec le cheval !
 
A la fin de chaque séance, je vous recommande d’écrire ou au moins de réfléchir à ce qui s’est passé et de trouver au moins 3 points positifs … si, si, vous allez voir, vous allez les trouver et ça vous aidera à être plus heureuses ! 😀
 
Pour vous aider à mieux organiser vos séances et poser les points importants sur le papier, je vous propose Le Journal Juste avec mon cheval à découvrir ici ! 
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Valérie

La progressivité, toujours, partout !

La progressivité, toujours, partout !

Je me doute bien que quand je vous parle de progressivité cela vous semble évident ! Bien sûr que vous êtes progressifs, c’est évident qu’il faut compliquer les choses progressivement ! Oui mentalement à froid comme ça, c’est évident… mais dans les faits on en est loin … loin pour les nouvelles choses mais aussi et surtout pour les choses que vous avez déjà faites ! Déjà faites il y a 3 jours ou 3 semaines ou 3 mois ou 3 ans … Alors on va remettre les choses dans l’ordre… vous, quand vous étiez au lycée vous résolviez peut-être des calculs matriciels, vous résolviez un problème de physique ou écriviez une dissertation, peut-être pas avec joie, mais vous étiez capables de le faire… vous étiez aussi capable de faire des courses de haies, de grimper à la corde et de tenir un équilibre … oui tout ça vous saviez le faire … mais aujourd’hui est-ce que vous savez le faire ? Pourquoi est ce que vous en étiez capables à l’époque et pas aujourd’hui ? Parce que vous étiez entrainées ! Parce qu’on vous avait appris à faire tout ça avec progressivité … Alors si aujourdhui vous ne vous sentez plus capable de le faire, vous le pourriez pourtant, si on vous entrainait à nouveau avec progressivité … Mieux que ça… imaginez qu’au lieu de passer votre bac ou votre examen final en juin, il ai été reporté juste de 3 semaines et qu’après 3 semaines de vacances, vous l’ayez finalement passé … auriez vous eu la même note ? Ce n’est pas parce qu’on a déjà fait quelque chose, ce n’est pas parce qu’on SAIT LE FAIRE qu’on est toujours CAPABLE de le faire ! Voilà vous comprenez mieux à quoi sert la progressivité… ce n’est pas parce que votre cheval a déjà fait quelque chose, même la semaine dernière qu’il est capable de le faire aujourd’hui ! Et si vous ne prenez pas ça en compte vous allez direct à l’échec … Être progressive lors des apprentissages oui ! Bien sur, ça tombe sous le sens ! Être progressive à l’intérieur de la séance et dans la séquence des séances d’apprentissage… oui aussi. Mais si vous voulez aller vers la réussite, il va falloir garder cette progressivité à l’intérieur de TOUTES vos séances et ne jamais rien prendre comme définitivement acquis.

Oubliez le : “il sait le faire ! “

Oui Maroussia passe les bidons debout, oui elle est capable de le faire depuis de nombreuses années, mais non je ne commence JAMAIS par ça ! Je suis progressive à chaque séance où je vais le lui demander ! Sur la vidéo suivante je commence par le bidon couché mais avant ça, j’ai vérifié mes envois, j’ai fait des touch it j’ai vérifié qu’elle était avec moi mentalement. Tant que je n’ai pas mon touch it, tant que je n’ai pas un envoi correct avec toute sa bonne volonté, je travaille sur ma base, ça ne sert à rien de passer à la suite, je suis vouée à l’échec, à un moment ou un autre ça va coincer ! Et si ça me prend ma séance et que je n’ai plus le temps pour sauter peu importe, ce qui compte c’est qu’aujourd’hui j’ai progressé sur ma base, celle qui est indispensable pour progresser. Une fois que j’ai ma base, je passe au saut et là aussi, je suis la plus progressive possible, il faut vraiment réfléchir à ce qui est le plus facile pour le cheval juste à peine un cheval plus dur que ce que je viens de faire.

Une fois mes vérifications de base faites, si j’ai plusieurs obstacles à ma disposition, je vais toujours commencer par le plus facile pour nous, et puis une fois que mon cheval passe sans le regarder, vraiment très facilement je vais chosir parmi ceux qui restent, le plus facile et une fois que ça passe sans que j’ai rien besoin de faire, je fais le plus facile dans ceux qui restent … et ainsi de suite ! Un petit exemple live avec la finale Mountain Trail pour vous montrer que ça s’applique absolument à TOUT ! Comme vous le verrez sur la vidéo ci-dessous, pour les levels 2 et 3 montés on avait comme premier obstacle une passerelle de 80 cm de large placée au milieu de … rien… la moitié de l’immense carrière entièrement vide étant située à droite de cette passerelle. L’entrée devait se faire au trot en level 2 puis au galop en level 3 avec transition la plus proche possible de la passerelle et passage au pas dessus dans la foulée ! Je passais en cordelette et Maroussia est TRES TRES loin d’avoir le galop lent et méticuleux d’un cheval western, elle son truc c’est l’endurance, surtout après avoir été passée avec des tas d’autres chevaux dans un petit espace pendant des heures. J’ai donc choisi comme échauffement ce qui me permettait de préparer cette entrée et de la connecter à moi un maximum. Pas d’obstacle à disposition dans la carrière, j’ai donc juste posé mon stick au sol et j’ai commencé par faire un arrêt du pas et pause juste dessus ou juste devant selon les fois (en utilisant la cordelette mais en gardant mes rênes pour pouvoir corriger de manière efficace si besoin) et j’ai récompensé. Puis j’ai fait un petit mini cercle au pas focus à mort et arrêt dessus et récompense, quelques uns comme ça, puis un cercle au trot, puis une ligne droite au trot puis un petit cercle au galop, puis faire 30 m tout droit et toujours stop au dessus jusqu’à faire un bon galop rythmé sur largeur + longueur et toujours stop au dessus… répété plusieurs fois à chaque fois avec récompense à chaque effort, jusqu’à atteindre la facilité … et ça a marché

Dans tout ce que vous faites pensez à ce qui peut être le plus facile pour votre cheval et partez toujours de là. Abandonnez définitivement le  “Il sait le faire” et passez à “Voyons ce qu’il PEUT faire à cet instant”. Ce qui est fou c’est que dans de nombreux cas, si on propose juste très facile, puis de plus en plus difficile, le cheval peut faire beaucoup PLUS que ce que vous avez supposé, car il se sait écouté et il va  dépasser les barrières mentales que VOUS vous êtes fixées. Vous serez donc beaucoup plus heureuses durant vos séances et beaucoup, beaucoup moins frustré, vous comprendrez mieux votre cheval et votre relation en sera très largement améliorée ! Valérie Schweitzer
Impossible ?

Impossible ?

Souvent des cavalières me disent que ceci ou cela “c’est chouette” mais que c’est IMPOSSIBLE avec leur cheval !

Impossible de sortir seules en extérieur. Impossible d’avoir le cheval immobile et calme au montoir. Impossible de se passer de mors. Impossible d’avoir un galop tranquille sans contact sur les rênes. Impossible de passer sur ce pont. Impossible de passer devant d’autres chevaux dans le calme. Impossible de rester cool au bord d’une route. Impossible de passer dans l’herbe sans se faire arracher le bras. Impossible de monter sans rênes. Impossible de seller ou de brider sans bagarre…

La liste est sans fin … et c’est vécu comme une fatalité !
Vous avez la sensation d’avoir tout essayé, d’avoir tout bien fait comme il faut.

Mais non ! Non ! On n’a jamais tout essayé!

Vous avez souvent essayé ce qui se pratique autour de vous et les solutions toutes faites qu’on vous a apprises, mais on se met plus rarement mis à la place du cheval pour réfléchir de son point de vue à lui.
On a rarement utilisé son cerveau, à froid tranquillement, loin du cheval pour penser à ce que lui ressent vraiment. On s’est rarement filmé pour voir soi-même ce qui coince avec lui, ce qu’il pense réellement pendant qu’on fait ce qu’on fait. On a jamais envisagé toutes les possibilités parce qu’en fait on s’habitue à ces comportements. On ronchonne ou on râle mais finalement on accepte que le cheval soit comme ça … et du coup on ne l’aide pas !

Parce que si un cheval a du mal à supporter le montoir, à rester calme dès qu’il y a un élément extérieur, s’il doit toujours galoper en appui sur le mors, le licol ou le side-pull, s’il doit lui se faire démonter les cervicales parce que la tentation de l’herbe est trop forte … ce n’est pas confortable pour vous, mais pour lui non plus !! 

Ne pas s’habituer à ces “détails” qui n’en sont pas, mais continuer à chercher, réfléchir à des perspectives différentes, se faire accompagner par des gens sérieux (dont vous avez pu voir l’éducation de leurs propres chevaux), c’est important parce que rien n’est IMPOSSIBLE ! 

Tout est possible, c’est juste que vous avez abandonné avant d’avoir trouvé la bonne solution pour vous et pour votre cheval ! Ne laissez rien tomber, penchez vous sur chaque chose, l’une après l’autre et trouvez votre SOLUTION à vous deux. Celle qui fonctionnera pour vous et pour votre cheval. Parce que, oui, vous êtes dans l’équation, vous ne pourrez pas appliquer certaines choses parce que ça ne vous correspond tout simplement pas. Mais il y en a des centaines d’autres, une infinité quand on y pense.

Gardez votre esprit ouvert ! Continuez à réfléchir, mettez vous à la place du cheval et bientôt vous trouverez VOTRE SOLUTION !

Valérie

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En public ça ne marche pas !

En public ça ne marche pas !

Très souvent, quand on veut montrer quelque chose avec son cheval … ça ne marche plus ! 

J’ai connu ça il y a quelques années, j’apprenais quelque chose de nouveau à mes chevaux et si je voulais le montrer à quelqu’un ou le filmer, je me heurtais à un lamentable échec … J’en finissais par me demander s’ils ne faisaient pas exprès … j’avais beau me dire que, non, les chevaux ne font pas “exprès” c’était si récurrent que j’en arrivais à me poser la question … et puis je me suis posé la question différemment :

Qu’est ce que MOI je fais et qui fait que mes chevaux ne font plus en public ou devant une caméra, ce qu’ils font quand nous sommes seuls ? 

Et là j’ai eu très vite ma réponse.
Quand j’étais en public ou devant une caméra, j’étais déstabilisée et mal à l’aise. Je pensais beaucoup moins à mes chevaux et j’étais moins connectée à eux c’est certain. Mais SURTOUT je n’étais plus prête à faire ce qu’il fallait.  J’avais sur les épaules un devoir de réussite qui me paralysait ! Je me comportais différemment de ce que je faisais d’habitude, du coup eux aussi se comportaient différemment …
J’étais plus lente, plus réfléchie mais moins convaincue. Mon absence de vraie intention déstabilisait les uns et agaçait les autres (une pensée pour Maroussia qui aurait bien été se pendre ou plutôt ME pendre dans ces moments là ^^). Je ne jouais plus avec eux, je ne pensais plus à eux, je montrais aux humains et ça changeait tout …

Du jour où je m’en suis rendu compte, j’ai réussi à mieux me connecter à eux et à faire ce qu’il fallait POUR EUX !

Les changements de circonstances ne doivent pas changer votre façon de communiquer avec votre cheval ! 
Même quand vous êtes super heureux d’un truc et que vous voulez le montrer à quelqu’un ou le filmer, si ça ne fonctionne pas comme prévu, FAITES CE QU’IL FAUT POUR LE CHEVAL ! S’il faut reconnecter, on reconnecte, s’il faut ralentir ou revenir en arrière on le fait aussi et si on doit monter en phases eh bien … on le fait ! Faites ce que vous feriez si vous étiez seuls… 
Une pensée pour Lorenzo que j’ai vu s’échauffer avec ses 16 chevaux. Ce jour là, l’un des chevaux était vraiment remuant, ne respectait pas sa place, mordait les chevaux autour de lui. Il n’a pas persisté dans e qu’il faisait malgré le public autour de la carrière. Il est descendu des chevaux sur lesquels il était debout, a traversé la carrière pour le reprendre à pied puis il l’a monté à califourchon, dans le calme mais avec détermination puis une fois le cheval revenu à la raison. Il est reparti monter debout sur ses chevaux de tête.
Le cheval d’abord ! Le but ensuite !
On peut être dans cette même situation délicate quand on fait quelque chose de nouveau ou quand on franchit une étape.
Par exemple, quand on enlève la longe au sol ou bien le mors ou les rênes monté… si vous ne vous sentez plus capable de monter en phases ou d’agir comme vous le faites d’habitude, si vous marchez sur des oeufs ou que vous avez l’impression de manipuler de la dynamite… c’est juste que c’est trop tôt !
Je l’ai vécu la première fois que je suis montée sans rênes avec Maroussia. Je n’osais plus monter en phases de peur qu’elle démarre, de peur qu’elle fasse ceci ou cela. La peur me gouvernait et ma maline a vite compris que je n’étais plus qu’un passager impuissant là-haut et en moins de 2 mn je n’avais plus rien ! Je suis descendue, je me suis mis deux ou trois claques pour avoir été si bête, puis j’ai remis les rênes et je me suis entrainée quelques semaines de plus. Quand je les ai à nouveau enlevées, je SAVAIS que je pouvais le faire VRAIMENT, elle et moi étions prêtes. 
 
Le public, la caméra ou la nouveauté peuvent vous stresser bien sûr, mais ils ne doivent pas interférer avec ce que VOUS FAITES, si cela change quelque chose dans votre façon de faire, c’est que vous n’êtes pas encore suffisamment sûr pour le faire dans ces circonstances. Il vaut mieux reporter à plus tard,  ranger votre égo au placard, ne pas détruire ce que vous avez fait  et vous entraîner davantage.
Un de ces jours ça sera facile !

TES limites pas les leurs…

TES limites pas les leurs…

Quel que soit le domaine dans lequel on souhaite innover, avec les chevaux ou hors chevaux, dès qu’on a un projet différent de ceux qui sont ordinaires et traditionnellement considérés comme logiques et “normaux” dans un domaine… la sanction tombe : “TU N’Y ARRIVERAS PAS !”, “C’est IMPOSSIBLE !”, “TU TE RENDS COMPTE DE CE QUE TU VEUX FAIRE ?”…. et autres réflexions encourageantes …

Oui il y a toujours des gens malveillants ou potentiellement jaloux, qui veulent casser votre élan, mais il y a aussi tous ceux qui vous aiment et qui veulent votre bonheur, qui tiendront eux aussi le même discours, parce qu’ils ont peur que vous soyez déçues ou malheureuses en cas d’échec….

Ces personnes aimantes ou malveillantes ont leurs propres limites qu’elles projettent sur vous, tout simplement parce qu’elles ne seraient pas capables de faire tous les efforts et peut-être les sacrifices qui vont être indispensables pour atteindre le but que vous vous êtes fixé.

mais il y a surtout …. VOUS !

Parce qu’il faut le dire, c’est quand même un discours qu’on se tient le plus souvent à soi-même, bien comme il faut et de matière récurrente. La petite voix intérieure qui sape vos possibilités d’avancer et de vous démarquer, celle qui a déjà collé par terre tellement d’idées, de projets et d’envies…. et c’est surtout contre elle qu’il faut se battre la plupart du temps quand on veut avancer, évoluer et aller vers des envies qui sortent de l’ordinaire. Celle qui t’empêche d’aller jusqu’à dépasser tes limites. comme un matelas bien confortable qu’il faut traverser pour les pulvériser.

Parce que la petite voix, elle, elle fait TOUT pour vous garder bien au chaud à l’intérieur d’une zone bleue confortable et reposante. Elle est la voix du canapé qui dit “Reste là on est bien tu vois bien qu’il pleut dehors”. Celle qui dit, “Ça ne s’est pas super bien passé la dernière fois, tu ne veux pas juste faire un truc que tu sais déjà faire avec ton cheval, au lieu de te lancer à nouveau là dedans ?”. Celle qui dit “Bah ! Une séance en carrière c’est bien aussi, surtout qu’aujourd’hui, il y a du vent !”.

Oui, parce que la petite voix qui vous tire vers le bas, c’est la reine des excuses ! Elle en a un réservoir immense ! Trop difficile (Rien n’est difficile si on fait les choses avec progressivité et persévérance). Pas le temps (On a toujours le temps quand on veut vraiment, tout est une question de priorité !). Pas d’argent (idem question de priorité, avais-tu REELLEMENT besoin de cette paire de chaussures ?). Pas assez bonne (Ben oui si tu ne t’entraînes pas, tu ne risques pas de le devenir !). Pas le bon moment (I faut faire avec… LE bon moment n’existe pas, car la petite voix trouvera toujours quelque chose à dire pour que ça ne le soit pas…)…

Alors oui pour atteindre ton potentiel, pour élargir tes limites, pour faire ce dont tu as toujours rêvé, ce truc qui semble impossible, il va falloir apprendre à devenir sourde à la voix de tous ceux qui trouvent ton projet dingue, leur faire un joli sourire et continuer tranquillement. Il ne sert à rien de discuter, tu le feras plus tard, quand ils commenceront à se rendre compte que OUI ça marche pour toi parce que tu t’es donné les moyens, la force et la volonté de le faire.

Mais surtout il va falloir faire taire la fameuse petite voix dans ta tête pour pouvoir te regarder avec fierté dans la glace tous les soirs pour célébrer les pas vers ton but que tu as faits dans la journée ! La taille ou le nombre de pas n’ont pas d’importance, ce qui compte c’est d’avancer vers tes limites et de les faire reculer tous les jours!

Il n’y a rien de plus simple qu’un cheval

Il n’y a rien de plus simple qu’un cheval

Il n’y a rien de plus simple qu’un cheval.
Il vit beaucoup plus que nous dans l’instant. ll est à chaque seconde en train de rechercher ce qui est le plus sécuritaire, le plus confortable et le plus intéressant pour lui à ce moment.
Alors vous me direz nous aussi, les humains, nous cherchons le plus sécuritaire, confortable et intéressant pour nous… on pourrait le penser mais la plupart du temps… non …
 
  • Les humains se mettent en danger car ils n’écoutent jamais assez leur instinct. Les chevaux l’écoutent sans cesse !
  • Les humains font des choses qui leurs sont inconfortables parce qu’ils veulent prouver des choses, à eux-mêmes ou aux autres. Les chevaux se moquent totalement de ça !
  • Les humains s’imposent des choses qui les ennuient volontairement, parce qu’ils veulent faire ce qui se fait autour d’eux, même s’ils rêvent de faire autre chose. Les chevaux ne font jamais d’eux mêmes ce qui ne les intéresse pas !
 
Alors non, les humains ne sont pas simples et ils ont même énormément de mal à comprendre un animal aussi simple qu’un cheval !
 

Si on se met à la place du cheval qu’on essaie d’être aussi simple, juste dans la recherche de la sécurité, du confort et de l’intérêt immédiats, alors on on peut les comprendre. Mais ce n’est pas facile juste parce que nous leur prêtons très souvent des sentiments et des volontés humaines.

 

Alors il est souvent plus simple de se dire que ce sont les chevaux qui sont compliqués.
Ça évite de se regarder dans la glace et de se remettre en question. Nous n’avons souvent pas envie de prendre conscience qu’on a peur, qu’on est manipulé par notre ego ou qu’on s’impose des choses qu’en toute objectivité … on déteste ..

Pourtant il faudra prendre conscience de tout ça pour revenir au réel si on veut comprendre les chevaux et communiquer avec eux …. tout un programme !

Il va falloir devenir nous aussi simples … et ce n’est pas facile !

Utilise le talent que tu possèdes

Utilise le talent que tu possèdes

On aimerait savoir faire tellement de choses ! Toujours plus que ce qu’on sait faire en tous cas et c’est génial ! L’envie de savoir faire des choses différentes, plus avancées avec son cheval et dans tous les autres domaines est un puissant moteur et il serait vraiment dommage de s’en passer.

Là où ça peut poser un réel problème c’est quand cette envie de savoir faire des choses devient un handicap. Ce moment où devant l’immensité du savoir et du savoir-faire qu’il est possible d’acquérir, on se retrouve comme face à une table si bien remplie qu’elle nous coupe l’appétit, parce qu’on se dit qu’on ne pourra jamais apprendre tout ça .. et on ouvre ainsi la porte à l’inactivité, au découragement et à la frustration !

Et c’est encore plus vrai quand on veut commencer une nouvelle façon de communiquer avec son cheval. Cette sensation atroce, de se dire qu’on a fait des tonnes de bêtises, qu’on s’est fâché trop souvent, qu’on a demandé au cheval des choses qu’il ne pouvait pas donner et que plutôt que de lui demander encore quelque chose, il vaudrait mieux juste lui demander pardon et le mettre au pré tranquille jusqu’à la fin de ses jours !

Oui tu pourrais faire ça … ou te demander si ce que tu as fait, tu l’as fait par volonté de nuire à ton cheval et ce n’est certainement pas le cas ! Tu aimes ton cheval, tu as fait ce que tu as fait parce que tu ne savais pas. Tu l’as fait, comme moi, comme beaucoup, parce que nous sommes tous les mêmes, nous sommes tous humains ! Nous faisons avec ce que nous savons et ce que nous savons faire. Il ne sert à rien de t’en vouloir pour ton ignorance d’hier ou ton incompétence d’aujourd’hui. Ce qui compte c’est que tu fasses de ton mieux avec ce que tu sais et ce que tu sais faire. Si tu es prête à évoluer, si tu es prête à apprendre alors plus le temps passera, plus tu en sauras, mieux ça ira.

Fais de ton mieux aujourd’hui ! Utilise ce que tu sais faire aujourd’hui !

Oublie hier tu ne peux plus rien y faire. Oublie demain tu n’y es pas encore. Le seul jour où tu peux agir c’est aujourd’hui !! Alors prends-toi en main, apprends, va voir ton cheval et vois ce que vous pouvez faire ensemble ! Tu feras encore des erreurs bien sûr, elles seront TOUTES pardonnables. Les seules qui ne le seraient pas seraient ne pas essayer de progresser ou abandonner !

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La perfectionnite aigüe !

La perfectionnite aigüe !

Dans le monde du cheval comme ailleurs on voudrait que tout soit parfait !
 
Nombreuses sont les cavalières qui ne passent pas à un exercice plus compliqué avec leur cheval parce que l’exercice précédent n’est pas parfaitement réalisé.
Se projetant dans ce qu’elles souhaitent obtenir, elles oublient les efforts que le cheval a déjà faits… Alors elles recommencent mais ça ne va pas forcément mieux. Alors elles recommencent, mais ça ne va toujours pas mieux. Elles s’agacent, le cheval fait de moins en moins bien, elle sont de plus en plus frustrées, le cheval de plus en plus blasé ou agacé ou flippé… Alors elles abandonnent en se disant qu’elles sont vraiment trop nulles !
 
Magnifique auto-sabotage du plaisir et de l’envie de la cavalière comme du cheval.
 
Alors qu’est ce qu’il faut faire ? Avancer en se moquant des bases ?
 
Non, certainement pas !
 
un peu plus tardMais avancer quand le cheval a COMPRIS, qu’il fait CALMEMENT, quand ce n’est pas si mal, même si ce n’est pas parfait !
Arrêter un exercice au moment où le cheval fait un peu mieux est toujours une excellente solution. Si on arrête la demande sur un effort, même si ce n’est pas parfait, notre cheval sait qu’on a vu son effort et cela l’encourage à en faire un autre un petit peu plus grand. Si on arrête au bon moment et qu’on reprend sur cet exercice ou un autre, peut-être un peu plus ardu mais légèrement différent, on évite l’ennui et la “blasitude”.
C’est en faisant des choses un petit peu plus difficiles que la base s’améliorera et ça sans perdre l’envie du cheval, sa motivation, ni les nerfs et la joie de la cavalière.
 

Vouloir faire “parfait” avec les chevaux est la pire idée de l’univers !

Car avec eux comme dans beaucoup d’autres domaines, la perfection n’existe pas. On est donc éternellement insatisfait, frustré et agacé si on veut la trouver à tout prix.
La seule chose qu’on peut espérer c’est faire un petit peu mieux, un tout petit mieux qu’hier, qu’à la demande précédente, qu’au début de la séance et s’en réjouir ! Mais tous ces petits bouts de “mieux” mis bout à bout feront toute la différence. Ils auront aussi pavé notre route de tas de petits morceaux de victoires et de joies.
 
Pensez aux spectacles équestres que vous avez pu voir, qu’est-ce qui fait plaisir à voir ? La perfection rigoureuse, le geste ultime même s’il est sans âme ? Ou bien le plaisir partagé par un cavalier et son cheval même quand il y a des ratés et que l’humain ne s’en offusque pas ?
 

La “perfectionnite” est la meurtrière de l’envie et de l’entousiasme, ne la laissez pas les assassiner !

Merci à Selma Païva pour cette phrase 🙂

Valérie

Un petit exemple où j’accepte les efforts de Maroussia même si elle ne fait pas ce que je lui demande au départ.
Si j’avais “forcé” lors des premières demandes en voulant que ce soit parfait, elle aurait fuit et décalé les hanches et il m’aurait sans doute fallut beaucoup plus de temps pour arriver au résultat final.